Le dernier.
Dimanche 27 novembre
C’était le dernier. Le survivant, parmi les grands-parents. Il ne tenait plus debout et n’avait plus toute sa tête depuis longtemps, mais il vivait. Il tenait son rang de survivant. Et voilà qu’il est parti.
Un dimanche matin, lui qui pourtant n’a jamais été très pieux. Cela fait désormais de mon père l’ainé, l’un des doyens, un rôle qu’il n’aime pas et je le comprends. Le prochain sur la liste, pense-t-il peut-être. Je n’ai jamais été doué pour réconforter les gens. Et ma présence aux funérailles me semble anecdotique, malgré les mille deux cent kilomètres et six heures trente de voyage. Je compte sur ma seule présence et une main quelques secondes sur un épaule pour faire mon travail de fils.
Je suis là, devant l’église construite dans les années soixante, à contempler le sort de mon grand-père, en écoutant la bonne soeur nous réciter son ramassis de conneries. Elle en aurait presque gâché les funérailles. Mise en terre et au-revoir. Ainsi va la vie, finalement. Quelques rires autour d’un café ou d’un verre de rosé ensuite. Ainsi va la vie.